• Patrimoine mondial 61: Forêts du patrimoine mondial

Patrimoine mondial 61: Forêts du patrimoine mondial

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Tout comme les montagnes et les océans, les forêts jouent un rôle essentiel dans l’équilibre climatique de la planète (notamment dans l’indispensable séquestration du carbone) et donc dans la survie de notre espèce. C’est pour ce motif que les Nations Unies ont désigné 2011 Année internationale des forêts.

Cette célébration coïncide avec le dixième anniversaire du programme Forêt du patrimoine mondial et justifie notre décision de consacrer un numéro de Patrimoine Mondial à ce sujet de toute première importance. Selon l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (2005), les forêts recouvrent environ un tiers des surfaces émergées de la Terre et elles renfermeraient plus de la moitié des espèces terrestres, principalement dans les tropiques. En outre, les écosystèmes forestiers rendraient compte de plus des deux tiers de la conversion de l’énergie solaire en biomasse grâce à la photosynthèse – ce qui en fait un facteur crucial du cycle carbone planétaire et du climat. Enfin, l’étude des Valeurs de la biodiversité (The Economics of Ecosystems and Biodiversity – TEEB) de 2010 estime que les services d’écosystèmes et autres biens non commercialisés représentent 47 % et 89 % de ce qu’il est convenu d’appeler le « produit intérieur brut des pauvres », ce terme désignant l’ensemble des moyens d’existence des ménages pauvres aussi bien ruraux que forestiers.

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Description

Mais les forêts sont particulièrement vulnérables. L’actuelle explosion de la population à l’échelle mondiale, conjointement avec l’agitation sociale et l’exploitation non réglementée du bois et d’autres ressources comptent parmi les principaux défis auxquels le monde actuel se doit de faire face. Selon une estimation, la simple réduction de moitié du taux de déforestation d’ici à 2030 réduirait sensiblement l’émission annuelle planétaire de gaz à effet de serre, évitant ainsi des dommages résultant du changement climatique estimés à plus de 3,7 milliards de dollars EU en valeur nette au taux actuel. Les bénéfices résultant de la protection des écosystèmes des forêts tropicales dépassent bien souvent les coûts. Les articles de ce numéro évoquent un certain nombre de sites significatifs de par le monde et présentent un survol de la question hautement informatif.

Dans l’article principal, Peter Crane et Ashley DuVal de la Yale School of Forestry and Environmental Studies examinent la manière dont la Convention du patrimoine mondial met l’accent sur la forte relation entre patrimoine forestier naturel et culturel de par le monde, et sur la manière dont la Convention serait en mesure de contribuer à la conservation des forêts du monde.

Et comme le font remarquer Conrad Aveling et Guy Debonnet, les forêts du bassin du Congo représentent la toute dernière région où de vastes étendues ininterrompues de forêts pluviales permettent aux processus biologiques de se poursuivre en toute tranquillité. Environ 14 % de ces régions ont été incorporées dans diverses zones protégées. Mais alors même que la diversité des espèces est haute, leur densité est relativement basse. De ce fait, même le plus vaste des grands parcs peut se révéler trop petit pour assurer la conservation au long terme. Cette constatation a mené à un changement de politique qui favorise désormais une approche paysagère, qui assure que la circulation des gènes et les processus écosystémiques puissent se poursuivre sur toute l’étendue du paysage.

L’article de Keith Bensen consacré aux efforts visant à la conservation des séquoias de Californie est très informatif, tout comme l’est l’aperçu que nous donne Marc Patry de l’histoire récente de la Réserve de la biosphère Río Plátano au Honduras, qui se trouve actuellement confrontée à l’intrusion des cartels de drogue qui déboisent des pistes d’atterrissage dans des régions éloignées du parc, et se servent ensuite du bénéfice de la drogue pour dégager de plus grandes étendues pour l’élevage de bétail. Sur l’île indonésienne de Sumatra, la couverture forestière se réduit actuellement à un rythme de 2,5 % par an. Moins de 40 % de la forêt originelle de l’île subsistent à ce jour. Mais le Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra offre quelque espoir que tout n’est pas perdu. Robert Lee et ses coauteurs rendent compte des défis que pose la conservation du patrimoine mondial dans cette région.

Le programme Forêt du patrimoine mondial ne cesse de jouer un rôle important en la matière, d’autant plus qu’il représente le seul cadre qui est en mesure de demander la mise en oeuvre de mesures de conservation appropriées et d’assurer un contrôle annuel de l’état de conservation des sites inscrits.